J'ai une amie qui va illustrer par
ses dessins, certaines des pages de mon site web. Nous trouvons nécessaire que
ces œuvres soient protégées, un minimum soit-il. En effet, il est désagréable
de voir un individu revendiquer la propriété de ses propres créations. Mais
cela dit, mon site web n'est pas un site à grande influence, et mon amie ne
désire pas tirer un profit quelconque de ses dessins. Simplement ne pas voir
quelqu'un les revendiquer comme siens, et les utiliser en conséquence. J'aimerais
donc savoir s'il y a des copyrights à déposer quelque part, ou juste annoter
en bas de page, la mention (c) et le nom de l'artiste ? Que dois-je faire de
façon pratique ?
La création artistique bénéficie des prérogatives du droit d'auteur dès la divulgation
et ce, sans aucune formalité de déclaration de dépôt ou d'enregistrement. Le
problème consiste pour le titulaire des droits de démontrer la paternité sur
l'œuvre. D'où l'existence de systèmes de datation ou de fixation des créations
sur des supports. Cela permet de démontrer en cas de conflit sur la titularité
des droits ou d'usurpation d'une œuvre de prouver que l'on est bien l'auteur
originel. Ces systèmes sont indifféremment basés sur la stéganographie (tatouage
des œuvres), idéal pour les images mais complexe et coûteux, ou le marquage
avec signature logicielle. Certains systèmes sont basiques et économiques comme
l'enveloppe Soleau, proposée par l'INPI ou la lettre recommandée à soi-même
qui permet d'avoir une date certaine parce qu'établie par un tiers.
Je
suis le webmaster d'un site fan club d'un artiste italien. Il y a quelques mois
j'ai reçu un mail de sa maison de disque me demandant gentiment de fermer mon
site. En effet je n'ai pas les autorisations nécessaires pour publier des infos
sur lui. J'ai donc répondu à la maison de disque pour demander ces autorisations
(on peut toujours rêver). J'expliquais également que j'étais prêt à enlever
tous les documents ou extraits qui les gênaient.
Je n'ai pas eu de réponse. J'aimerais donc savoir ce que j'ai le droit de divulguer
sur mon site.
Je n'ai bien sûr aucun fichier musical, j'utilise les images des couvertures
des cd ainsi que les paroles des chansons. Est-ce suffisant de préciser les
auteurs, compositeurs, photographes pour pouvoir faire allusion à ces images
ou textes ?
J'ajoute également dans le site une critique personnelle (sous forme de note
affectée à chaque chanson), ai-je le droit?
Les pochettes d'albums, photographies des booklets, textes de chansons sont
autant d'éléments protégés.
Sans autorisation, vous ne pouvez rien faire, hélas : ces pratiques des maisons
de disque sont aussi regrettables que fréquentes. De nombreux producteurs ont
déjà censuré les initiatives privées de fans d'artistes (Notre Dame de Paris,
Louise Attaque...) et le plus souvent à l'insu des artistes eux-mêmes.
En revanche, il vous reste le droit de penser : les critiques sont donc libres
et votre idole vous remerciera pour votre franchise.
On peut même vous inciter à dénoncer la censure des producteurs... sans trop
de virulence !
Je suis en train de créer un site
qui présente sous forme d'album, les photos que j'ai prises de ce que l'on peut
encore voir des anciens moulins à eau de ma région.
Il s'agit généralement de moulins désaffectés, à l'état de ruines, d'autres servant
d'habitation.
Ai-je le droit de publier ces images ? Est-il nécessaire de demander une autorisation
aux propriétaires ? Il n'est a priori pas question ici de droit d'auteur, sauf si les édifices
concernés sont classés et considérés comme des œuvres architecturales.
Néanmoins, il faut faire attention : vous pouvez être poursuivi par le propriétaire
de l'immeuble sur la simple base des dispositions du Code Civil sur le droit de
propriété.
Il y a quelques mois à peine, un grand groupe de distribution a été condamné par
le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg pour avoir utilisé dans sa campagne
de lancement la photographie d'une célèbre bâtisse ancienne du centre ville.
Les demandeurs se sont basés sur leur droit de propriété.
Dans votre cas cependant, il n'y a pas d'exploitation commerciale. Pourtant, il
convient d'être prudent.
Je
suis sapeur pompier professionnel et j'exerce dans le cadre de mes activités
au sein du service communication de la caserne. Je réalise donc des photos et
des vidéos de nos interventions. Certaines sont d'ailleurs très sensibles, je
souhaite savoir si j'en suis le seul responsable juridiquement, et si mon employeur
peut me demander de les lui céder pour les utiliser, à ce à ce moment-là qui
devient responsable ?
Il convient de demander l'autorisation des sujets aisément reconnaissables sur
les photographies, surtout s'ils ne sont pas à leur avantage. Si les images
sont sensibles, il ne faut pas les mettre à la disposition de tous sur internet,
donc il est impératif de prévoir un accès consécutif à un avertissement.
Pour la titularité des droits sur les images, le principe est toujours le même
: l'auteur est titulaire des droits sur les œuvres qu'il crée, indépendamment
de tout contrat de travail ou de louage d'ouvrage. Si votre employeur souhaite
se voir céder les droits sur les photographies ou images, il devra vous faire
signer une cession de droits.
Nous
souhaiterions savoir s'il est possible d'insérer une page avec les logos de
nos e-clients. Ce lien permettrait à nos visiteurs de découvrir notre "notoriété".
Cette pratique est très répandue dans le domaine de la conception de sites Internet.
Ce qui est moins connu en revanche, c'est l'obligation de demander une autorisation
préalable au client avant de faire figurer son logo, le plus souvent avec un
lien hypertexte, sur votre site.
En pratique, il existe une solution simple : insérer dans votre contrat de conception
une clause prévoyant cette faculté. Dès la signature du contrat, vous aurez
l'accord écrit de votre client.
Lorsqu'on publie des photos d'activités
pédagogiques où des élèves sont clairement reconnaissables sur un site, doit-on
faire signer un papier aux parents si ces étudiants sont des mineurs ou aux
jeunes eux-mêmes s'ils sont majeurs ?
Le Code Civil, dans son article 9, garantit le droit au respect de la vie privée
de tout un chacun. Cela ne signifie pas qu'il est interdit de prendre une personne
en photo, seulement que la publication ou la reproduction d'une telle photographie
requiert son autorisation, ou celle de son tuteur s'il s'agit d'un mineur ou
d'un incapable majeur.
Le fait que la photo soit prise dans un lieu public ne change rien, tout au
plus sera-t-il parfois considéré que l'atteinte est moins grande dans le cas
où une personne n'est pas isolée sur le cliché.
En effet, il faut que la personne en question soit clairement reconnaissable.
Les sanctions encourues en cas de non-respect sont des dommages et intérêts,
éventuellement des saisies.
Le plus simple est donc de recueillir l'assentiment des parents ou des intéressés
eux-mêmes s'ils sont majeurs, en leur soumettant le projet d'exploitation des
images envisagé.
Un
de mes amis a diffusé sur Internet des photos pédophiles. Que risque-t-il ?
Un jeune homme qui avait diffusé sur Internet une photo à caractère pédophile,
a été condamné le 23 octobre 2001 par le tribunal correctionnel d'Epinal à six
mois de prison avec sursis. Il avait expédié une photo pédophile à une jeune
fille qui conversait sur Internet dans un forum de discussion. Le jeune homme,
qui a reconnu être l'expéditeur de la photo, conservait chez lui un CD-ROM contenant
une trentaine de photos à caractère pornographique et parfois pédophile, dont
celle envoyée à la jeune fille.
Est
ce que j'ai le droit de diffuser sur un site des photos dénudées de mon amie,
sans son accord ?
Non. Un homme a été condamné le 20 novembre 2001 par le tribunal de Paris à
deux mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir diffusé sur un site internet
la photo de son ancienne petite amie nue, pour se venger de sa rupture. Il avait
ouvert une page personnelle au nom de cette amie, sur lequel était visible une
photo de la jeune femme nue, avec ses nom et adresse, assortis de commentaires
pornographiques laissant entendre qu'elle recherchait des partenaires. La victime
a obtenu 50 000 francs de dommages et intérêts.
Je
viens de découvrir des images, issues de mon site Internet, diffusées en prime-time
sur une grande chaîne de télévision. Est ce autorisé ?
Le Code de la Propriété Intellectuelle précise qu'il faut citer la source ou
demander l'autorisation de l'auteur des images. Même pour une émission "journalistique",
le principe droit à l'information ne peut permettre de s'en passer . Il ne joue
que dans le cadre du respect à la vie privée, ce qui n'est pas le cas ici...
En tant que création de l'esprit, vos images (copies d'écran) sont donc protégées
par le droit d'auteur (art. L112-2-9 du Code de Propriété Intellectuelle.
Le fait de reproduire ou de représenter, sans autorisation, des images est punissable
sur le plan civil par une condamnation à des dommages et intérêts. Ces dommages
et intérêts sont calculés au cas par cas.
Cela dépend du manque à gagner de la victime, du préjudice subi du à la dénaturation
de la façon dont est présenté le site et des répercussions qu'a pu en avoir
l'auteur du site, de la façon dont l'émission a été mise en avant (prime time
..) et de ce qu'elle a pu rapporter éventuellement en terme d'audience au réalisateur.
J'ai
créé un site éducatif et j'aurais aimé connaître la législation sur certains
points :
Pour
faire découvrir aux enfants la peinture, j'aurais voulu présenter des toiles
de peintres célèbres comme Monnet par exemple. A partir de quelle date peut-on
utiliser des oeuvres qui tombent dans le domaine public et donc pouvant être
utilisées par le public (sans autorisation expresse de l'auteur et ses héritiers).
Puis-je
utiliser les Fables de la Fontaine ?
Les
données de l'INSEE peuvent-elles être utilisées pour l'intérêt de mon site
?
Les droits patrimoniaux du
droit d'auteur se prescrivent soixante-dix ans après le décès de l'auteur. Un
calcul s'impose donc.
Néanmoins, il convient de se rappeler que les prérogatives du droit moral (droit
au respect de l'oeuvre, droit au nom sur celle-ci...) sont imprescriptibles :
il convient donc de toujours représenter une oeuvre de manière à ne pas y porter
atteinte.
Le plus simple est de s'adresser à une société de gestion collective pour obtenir
des réponses détaillées sur des oeuvres en particulier.
Enfin, les données publiques, comme celles de l'INSEE sont reproductibles avec
une réserve cependant : les ensembles de données sont protégés au titre du régime
particulier des bases de données. L'extraction de parties qualitativement ou quantitativement
substantielles est prohibée.
Je
suis en train de créer une page personnelle que j'aimerais illustrer par des
photos. La solution qui me semblait la plus simple était de copier celles trouvées
sur de nombreux sites Internet, mais je ne sais pas si j'ai le droit. Qu'est-ce
que je risque à utiliser des photos déjà présentes sur d'autres sites ?
Les photographies sont des oeuvres protégeables au titre du droit d'auteur ainsi
que le stipule l'article L 112-2 9° du Code de la Propriété Intellectuelle.
Il n'est donc pas permis de reproduire une photographie sans avoir obtenu l'accord
préalable de son auteur. A défaut, ce dernier pourra poursuivre sur le fondement
de la contrefaçon (au pénal jusqu'à 2 ans de prison et 1 million de francs d'amende,
ou au civil des dommages-interêts en fonction de l'atteinte). Toutefois, il
arrive que des photographies soient libres de droit, en raison du choix de l'artiste,
dans ce cas une mention est apposée près du cliché dans la grande majorité des
cas. Attention : libre de Droit ne signifie pas usage gratuit, mais usage d'une
oeuvre à un coût forfaitaire qui peut être réduit ou égal à 0 F et qui a été
réglé par la personne qui achète cette oeuvre et l'a mis à la disposition des
internautes.
J'ai
fait un site sur le carnaval 2000 à Fort de France. Il s'agit essentiellement
de photos prises dans la rue lors des différentes manifestations publiques dans
les rues de la ville. A-t-on le droit de publier sur Internet des photos de
gens inconnus sans leur autorisation préalable ?
Selon l'article 9 du Code civil, toute personne a droit au respect de sa privée
et la préservation de son droit à l'image.
Toutefois, les libertés fondamentales doivent être parfois conciliées afin que
puissent s'exercer d'autres droits : ainsi, il est important de garantir la
liberté d'expression et d'information.
Dès lors qu'une personne physique est photographiée dans un groupe ou une scène
de rue, la reproduction de son image est considérée comme implicitement autorisée.
Néanmoins, cette tolérance a ses limites : ainsi, il ne faut pas individualiser
une personne pour en faire le sujet principal de la photographie.
Je
souhaite créer un site web, pour mon fils, avec photos, généalogie complète
sur 15 générations... Quand est-il du droit à l'image des personnes présentes
sur les photos. ai-je besoin de leur autorisation ???
La représentation d'une personne clairement identifiée suppose son autorisation
expresse sous peine de porter atteinte à son droit à l'image (article 9 du Code
civil). Pour les mineurs, il convient d'obtenir cette autorisation auprès des
parents ou des tuteurs légaux (article 371-2 du code civil). L'autorisation
doit être écrite et signée par la personne dont l'image sera exploitée, et ce
y compris à des fins non mercantiles. Ces règles ne sont applicables qu'aux
vivants, les héritiers des personnes décédées ne pouvant protéger leur mémoire
qu'en cas d'atteinte à la réputation par des allégations erronées ou diffamatoires.
J'ai
réalisé un site sur un film français des années 80 (La Soupe Aux Choux).
Conscient du fait que j'ai largement puisé dans l'oeuvre (générique, images,
extraits sonores), j'ai essayé de contacter la maison de production pour savoir
si je pouvais ou non avoir leur accord. N'ayant reçu qu'une lettre montrant
leur désintérêt pour la question, j'ai développé mon site ?
La réponse de la maison de production est précise dans la mesure où elle vous
renvoie vers une société qui a, semble-t-il, un intérêt sur cette oeuvre : peut-être
est-elle cessionnaire de droit. Certes, vous avez fait la démarche de vous renseigner
ce qui est un gage de bonne foi, mais en matière de contrefaçon, la défense
fondée sur la bonne foi est inopérante.
Sur
mon site, hébergé en France, j'ai choisi d'intégrer une reproduction numérisée
du "Radeau de la Méduse" pour illustrer un renvoi vers un site sur la malnutrition
en Afrique. En ai-je le droit ?
Attention, une œuvre ne doit pas être sortie de son contexte ! C'est ce
qu'on appelle le droit moral, qui appartient aux héritiers ou aux ayants
droits d'un auteur. S'ils sont tous décédés, les sociétés de gestion collective
des auteurs ont alors la charge de veiller au respect ce principe.
Vous pourriez être poursuivi devant les tribunaux, où un avocat devra plaider
votre cause.
Grand
amateur d'art, je viens d'achever un site sur mes peintres favoris. Ai-je le
droit d'agrémenter mon texte d'images de quelques toiles représentatives, en
tant que citations ?
A la fois oui et non ! Prenez garde... car aucun tribunal n'a encore statué
sur ce point. Le droit de citation s'applique ordinairement aux textes littéraires.
La jurisprudence ne reconnaît pas son application à une œuvre d'art.
En effet, copiée en entier, on a affaire à une reproduction condamnable ;
copiée partiellement, il y a atteinte à l'intégralité de l'œuvre d'art, qui
ne peut être divisible.
Ai-je
le droit d'enrichir mon site de liens hypertextes, renvoyant vers d'autres sites ?
En principe, oui. Mais mieux vaut pointer à chaque fois sur la page d'accueil,
faute de quoi l'internaute risque de ne pas percevoir l'intention globale de
son auteur.
De toute façon, la meilleure protection contre tout problème reste de demander
l'autorisation de l'émetteur du site concerné.
Est-ce
que je peux reproduire librement certaines pages extraites d'autres sites, voire
les commercialiser ?
Seules les copies pour votre usage personnel sont autorisées par la loi (article 122-5
du Code de la Propriété Intellectuelle).
Ai-je
le droit d'intégrer dans mes pages web le logo d'une marque connue, pour signaler
le lien qui renvoie vers son site ?
La stricte application de la loi implique que, même pour désigner le site d'une
société, l'utilisation de son logo - ou celui de l'un des produits qu'elle commercialise
- est interdite (à moins, bien sur,d'en avoir l'autorisation écrite). Un logo
est également protégé par le droit des marques.
Puis-je
diffuser sur mon site une vidéo ?
Oui, dès lors que son auteur vous a autorisé à le faire. Cette règle s'applique
aussi aux extraits d'émissions TV...
Comment
empêcher la copie des œuvres que j'expose dans une galerie virtuelle, sur un
site hébergé en France ?
N'importe quel créateur peut protéger sa production, à condition qu'elle soit
numérisée. Plusieurs logiciels permettent de "tatouer" des images fixes, des
sons, des vidéos. A vous de prendre vos précautions ! Sinon, il sera beaucoup
plus difficile de faire valoir vos droits devant les tribunaux, avec l'aide
d'un avocat.
J'héberge
un site dont le concepteur est assigné devant les tribunaux pour avoir recopié
une œuvre protégée. Quelle est ma part de responsabilité ? Est-ce que je
risque également d'être poursuivi ?
Oui. Des tribunaux ont engagé la responsabilité d'hébergeurs pour ce type de problème.(
cf loi du 1er août 2000)